Travail à domicile : la France en retard

Quelque 400 000 personnes sont concernées par le travail à domicile en France, un domaine qui permet au pays d’enregistrer un chiffre d’affaires d’environ 4 milliards €. Cependant, comparés à nos voisins européens, nous connaissons un retard considérable dans ce secteur. Quelles en sont les raisons ?

 

L’image tronquée de la vente directe

Plusieurs facteurs peuvent bien expliquer le retard de la France en matière de vente directe. Le premier est d’ordre culturel. En effet, beaucoup de personnes estiment que vendre, c’est quémander de l’argent à quelqu’un. Voilà l’image de la vente dans le pays et, à plus forte raison, celle de la vente directe. Pourtant, lorsqu’on y réfléchit de près, notre monde fonctionne par la vente. L’économie est organisée par la monnaie et la finalité de tout acte professionnel revient toujours à une vente : le médecin vend ses compétences, l’enseignant son savoir, l’ouvrier sa force de travail… Dans votre métier actuel, vous échangez votre temps contre de l’argent. Alors pourquoi la distribution de produits qui vont satisfaire un client serait-elle moins respectable ? Bien sûr, le médecin vous soigne, mais il vous demandera également de l’argent en échange. Il vous vend son acte.

 

Certes, lorsque vous cherchez à convaincre le client de sortir son chéquier, même si les produits que vous présentez ne l’intéressent pas, vous êtes sur un autre registre. Mais le travail à domicile qu’est la vente directe, c’est d’abord du conseil. Elle ne consiste pas à conclure une transaction coûte que coûte, mais à répondre à un besoin réel du client. Il s’agit plutôt d’être à son écoute. La vente directe est une relation de confiance que l’on tisse progressivement avec ses clients et non une arnaque marketing comme il est commun de penser. D’ailleurs, car ces derniers sont peu nombreux, on les connaît très rapidement.

gilles simon

 

 

 

Travail à domicile : une activité mal nommée

 

Au bout du compte, ce qui pénalise le plus la vente directe, c’est son appellation. Certes, cette activité est mal nommée. Pourquoi ne pas opter pour une autre appellation, comme « conseil à domicile », ou « offre directe » ?… Bref, choisir des termes qui ne renvoient pas à cette péjorative du vendeur, à la fois quémandeur et baratineur. D’ailleurs, beaucoup estiment que le qualificatif de marketing relationnel est plus approprié, car le terme est plus proche du monde de travail à domicile. Prodiguer des conseils, des services pour une meilleure satisfaction des clients et être rémunéré en retour ne doit poser aucun problème. De plus, les clients sont de plus en plus en quête de services personnalisés et souhaitent retrouver le lien social dans l’acte d’achat qui a été détruit, entre autres, par la grande distribution. Ils semblent solliciter de plus en plus l’achat via le marketing relationnel.

 

Les interactions prennent souvent lieu dans une ambiance détendue et un environnement convivial. Pour le vendeur, ce canal est un moyen idéal de contourner les contraintes imposées par les circuits de distribution classiques. Mais si cette idée de « vendre » rebute certaines personnes, il existe bien une voie autre que le travail à domicile. Vous pouvez vous orienter vers le bénévolat et espérer en retour la charité des concitoyens. Sachez que certains moines tibétains vivent ainsi et semblent être bel et bien nourris. Alors, à vous de choisir ce qui vous convient.

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